Pourquoi ce blog?

« Spectateur engagé » en politique, j’ai adhéré au Parti Socialiste en 2002. Quelques années après, mon action, comme celle de la plupart des militants actifs en politique, s’inscrit dans les débats autour des motions, des échéances électorales et des campagnes à mener sur le terrain, bref, une multitude de rendez-vous, d’heures passées avec des camarades, qui deviennent des amis, à distribuer des tracts, coller des affiches.… mais, avec du recul, ce qui motivait mon engagement initial, le débat d’idées, lui, est un peu oublié…
C’est pour cela que j’ai voulu créer cet espace dédié au débat politique. Lieu d’échange et de confrontations d’idées, ce blog est destiné à ceux qui pensent qu’avant de s’enliser dans les débats pour savoir qui choisir pour mener un combat politique –ma courte expérience m’a permis de constater qu’il n’y avait vraiment pas pénurie en la matière…- pour redonner aux Français le goût de la politique, il faudrait peut-être d’abord leur proposer… des idées neuves (ou pas ?) et un projet qui donne envie d’y croire !
Alors, bienvenue sur le blog du spectateur engagé !
Dimanche 7 mai 2006 7 07 /05 /Mai /2006 08:19
Saviez-vous que les grandes banques, sous l’égide des institutions financières mondiales, ont mis au point leur propre organisation en cas d’épidémie de grippe aviaire ? Ce n’est pas un canular, c’est sérieux : le FMI, les banques centrales des pays développés se réunissent régulièrement pour mettre au point leur système pour lutter contre la maladie.
 
Belle générosité, que cette volonté d’aider la population en cas de crise, me direz-vous ? Que nenni !
 
Il s’agit, of course, de moyens, de matériels, de médicaments qui seront réservés au monde de la finance, à ses employés : la maladie pourrait frapper près d’un tiers de la population, désorganiser profondément le pays et plonger dans le désarroi l’immense majorité de ses habitants, prenant l’allure d’une catastrophe nationale, ce n’est pas un problème des grands argentiers de ce monde, du moment que leurs employés ont leurs doses de « tamiflu » réservées et que la finance peut continuer ses affaires et jongler avec les milliards…
 
Au-delà de ce déni de confiance dans la capacité des hommes et des femmes politiques à gérer ce type de crise, alors que c’est aussi pour faire face à ce type de situations que nous avons des élus, quel égoïsme ! Quel manque de respect pour le citoyen, pour l’humain !
 
Car ne nous y trompons pas : si ce système parallèle est organisé, ce n’est pas pour le bien-être des salariés de la finance, mais bien pour s’assurer que quoi qu’il arrive, la finance passe d’abord…
 
Il semblerait que certains aient définitivement oublié que la finance, comme l’ensemble de l’économie, est au service de l’homme, et non pas le contraire... Et quand tout un aréopage d’institutions éminemment respectables multiplie des colloques et réunions officiels où sont cautionnées, voire encouragées ces réflexions, c’est l’ensemble du système qui débloque…
Par Katia - Publié dans : spectateur-engage
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Dimanche 2 avril 2006 7 02 /04 /Avr /2006 09:27
Aujourd’hui, le chômage est devenu d’une effrayante banalité. Dans ce système en crise, les outils phares du code du travail, CDD et CDI, sont aujourd’hui complètement détournés de leur mode d’utilisation originel.
 
Le CDD, conçu pour les missions de courte durée, et offrant des garanties supplémentaires en contrepartie, telle que la prime de précarité, a dû être très encadré pour limiter un peu les innombrables abus auxquels il a donné lieu avec le développement du travail précaire.
 
Mais d’un autre côté, le CDI, auquel de nombreux jeunes aspirent tel l’eldorado, est devenu relativement au CDD un moyen souple pour des entreprises peu scrupuleuses de procéder aux ajustements de personnel en fonction du remplissage du carnet de commandes, à coups de périodes d’essai systématiquement fixées au maximum légal et renouvelées, de prétextes fallacieux rapidement inventés pour licencier après un simple préavis de 30 jours, en économisant la prime de précarité qu’il aurait fallu payer en recourant à un CDD sur la même période…
 
Une relation équilibrée, où chacun trouve son compte, se conçoit en termes d’échange de valeur(s) dont toutes les parties prenantes tirent un bénéfice, et non comme une relation déséquilibrée de simple transfert temporaire de force de travail rétribuée, où in fine, l’individu est considéré comme un élément anonyme du système productif parmi d’autres, parfaitement substituable, que l’on peut « arbitrer », en lui substituant du travail en sous-traitance ou délocalisé dans un pays à bas salaire…
 
Il faut repositionner le travail, et le travail de l’individu, dans un ensemble cohérent : l’individu a une réalité permanente, à chaque instant, il ne cesse pas d’exister dès lors qu’il quitte son travail, que ce soit temporairement ou définitivement.
 
Cette reconnaissance de la nature et de la valeur du travail, qui n’est pas une marchandise que l’on achète comme les autres, ne suffira certes pas à résoudre le problème du chômage à elle seule. Mais elle est un préalable indispensable à toute politique efficace de lutte contre le chômage.
Par Katia - Publié dans : spectateur-engage
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Dimanche 2 avril 2006 7 02 /04 /Avr /2006 09:11
Les nombreuses manifestations, le rejet massif de la population l’ont montré : le CPE n’est pas la bonne réponse au problème de l’emploi des jeunes. C’est le rapport de l’individu au travail qu’il faut changer pour sortir de la crise économique, au lieu de vouloir déréguler le travail au-delà du raisonnable.
 
Dans une société où l’individu n’est reconnu la plupart du temps que par l’intermédiaire de son travail et de la position sociale que ce dernier lui donne, l’entreprise doit être considérée comme une communauté humaine à part entière, et non comme un simple jalon du système productif national.
 
Pour l’entreprise comme pour le salarié, le travail doit s’appréhender comme un échange entre partenaires également reconnus et respectés, alors qu’aujourd’hui, on semble résigné à admettre que le rapport entre l’employeur et son salarié est fondamentalement inéquitable.
C’est peut –être vrai dans une logique strictement économique, mais dans notre société, le travailleur est aussi un citoyen. Certes, ce n’est pas au patron d’entreprise d’en tenir compte, c’est à notre société dans son ensemble et au gouvernement qui la dirige d’avoir cet autre regard. Quelle valeur ajoutée apporte l’individu à la société ? Que lui doit la société en retour ?
 
A oublier cette réflexion de principe, on en vient à bricoler des solutions pires les unes que les autres : après les mouchoirs et les rasoirs jetables, voici le « travailleur jetable », à remercier quand bon vous semble, sans besoin de donner la moindre raison, quand vous n’en n’avez plus l’utilité …
 
Outre que cette démarche est choquante par le peu de considération qu’elle témoigne au salarié, elle est très probablement inefficace : veut-on sérieusement nous faire croire un instant que pour vaincre la crise de l’emploi en France, il nous faut aller concurrencer les pays tels que la Chine ou l’Inde dans ce qu’ils maîtrisent le mieux, les bas salaires et la protection du salarié symbolique quand elle n’est pas tout simplement inexistante ?
Par Katia - Publié dans : spectateur-engage
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Dimanche 15 janvier 2006 7 15 /01 /Jan /2006 18:33
De la différence entre morale et politique ou pourquoi Raymond Aron est toujours un auteur d’actualité
 
Vous l’avez compris, au-delà du strict sens des mots, le choix du « spectateur engagé » comme titre de ce blog se veut un hommage à Raymond Aron, auteur politique si décrié de son temps pour avoir osé s’opposer à l’idée dominante dans l’après-guerre française selon laquelle tout intellectuel digne de ce nom se devait d’être de gauche, et, de préférence, communiste.
 
Paradoxal pour quelqu’un qui se réclame de gauche ? Peut être… Mais il y a à mon sens chez l’auteur de l’Opium des intellectuels une authenticité dans son engagement pour la liberté des peuples (vous savez, ce que l’on n’ose plus appeler le « libéralisme », il paraît que c’est devenu politiquement incorrect…), une exigence de confrontation permanente des idées avec le monde réel et une rigueur de raisonnement qui ne peuvent que forcer l’admiration…
 
Et, pour illustrer combien Raymond Aron demeure d’actualité, je vous propose un extrait de la préface du Spectateur Engagé, où Jean-Louis Missika et Dominique Wolton reviennent sur quelques aspects marquants de sa démarche, notamment la différence qu’il fait entre morale et politique.
 
« …Pour [Raymond Aron], tous les systèmes sociaux sont imparfaits, et la politique n’est pas la lutte entre le bien et le mal, mais le choix entre le préférable et le détestable. (…) Faire le bien de la collectivité, ce n’est pas seulement faire le bien. Parce que le bien de la collectivité, personne ne peut dire ce qu’il est et que les erreurs les plus graves ont souvent résulté de l’incapacité à admettre que les faits sont têtus et que la morale ne suffit pas à les maîtriser. (...) Vouloir faire coïncider morale et politique ou penser la politique comme une morale débouche facilement sur la bonne conscience, l’indignation vertueuse, la vision du monde en noir et blanc et le refus d’accepter la politique avec sa violence, ses retournements, ses rapports de force, bref, son a-moralisme. »
Par Katia - Publié dans : spectateur-engage
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